Hakkam déteste la longe. Au bout de sa ficelle, ça l’énerve et il n’y a moyen de rien faire de convenable. C’est pire encore que quand on le monte à cali. Il vous enverrait nettoyer les toiles d’araignées du plafond vite fait bien fait.

Et pourtant, j’avais besoin d’une petite séance de longe pour solutionner un souci d’épaule droite qui ne se corrigeait pas par le bien connu « recule ton épaule droite ».

J’en avais discuté avec Pascaline (bien sur) mais aussi avec Fabrice (mon coach de toutes les semaines). Fabrice tendait à penser que le problème ne venait pas de mon épaule ni de ma fesse mais de mon coude.

Hakkam, lui, disait que quelque chose n’allait pas en jetant fortement la tête aux transitions montantes.

Moi, je pensais que les deux choses étaient liées. J’essaye de penser continuellement à mon épaule, donc je bloque le bras, donc ma main reste fermée, donc j’empêche le dadou d’agir dans le bon sens.

Une séance longe semblait indispensable. Fabrice avait déjà essayé de me faire travailler avec les rênes longues tenues à la couture mais nous avions des soucis de direction. Et puis nous travaillons à deux cavaliers (Maëlle à cali et moi en amazone) donc difficile de résoudre un problème strictement amazonien.

Pascaline arrive. Début de séance, au pas, détente pour le dadou, mise en route. Chaque fois, je raconte à Pascaline ce qui c’est passé depuis la dernière fois. Et donc je lui parle de nos cogitations à Fabrice, Hakkam et moi.

Comme d’habitude la dame de Montigny a eu une idée géniale. Elle a pris la direction d’Hakkam depuis le milieu d’un rond de longe virtuel. Pas de ficelle, juste la voix, la pensée. Et ça marche, Hakkam « transitionne » en douceur, et moi j’essaye mon bras, mon coude, mon épaule, ma fesse, ….. Aucun souci de direction, Hakkam tourne comme si la longe le maintenait en place. Un cercle parfait, une cadence régulière, … Et pourtant une piste de 20/60, quelques autres chevaux présents, un autre prof qui donne cours à l’autre bout de la piste.

Et problème en voie de solution, les coups de tête d’Hakkam, y’en a plus si je fais attention à mon coude droit. Mon épaule reste en place, en arrière, baissée, ma main reste plus souple.